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Chemin de Stevenson 2012

Jour 14/ J’abandonne Stevenson !

Je quitte le gîte ce matin vers 9H, après avoir dit au revoir aux compagnons bourguignons.
Je  traverse St Jean du Gard avec un peu de tristesse car c’est ici officiellement que s’arrête le chemin de Stevenson. Je repense à toutes les rencontres faites en chemin, je pense à eux. Je me demande si les uns et les autres sont bien rentrés, comment ils se sentent, ce que leur a apporté le voyage.
Je réalise aussi que mes plus belles rencontres ont été les randonneurs et assez peu les gens du pays.
Dans l’ensemble, les gens de la région sont assez austères, pas très causants, pas vraiment hospitaliers ni avenants. Je me dis qu’ils doivent en avoir un peu marre des ânes, des randonneurs, et de « Stevenson » en général…et que ce n’est pas leur principal centre d’intérêt, à eux !!!

Je traverse St Jean du Gard sans trop m’attarder car c’est le jour du marché. Assez peu de contacts avec la population. Je visite un peu certains quartiers de la ville, puis, avant de partir, je m’arrête à l’Office de Tourisme.
J’ai besoin de renseignements car mon guide indique que le GR70 n’est plus praticable après le col d’Uglas soit 8km après St Jean du Gard. Il y aurait bien un itinéraire de remplacement,  mais il n’est pas balisé, dit le guide.
J’imagine que depuis l’édition du bouquin, il a du être balisé mais je veux m’en assurer.
Et bien non ! A l’office, on me dit qu’il n’est balisé que « partiellement » car, « de toutes façons, le chemin de Stevenson s’arrête ici !! »  Un peu surpris, je dis à la dame que ce n’est quand même pas très compliqué de poser des balises car après « Stevenson », on peut quand même avoir envie de marcher encore un peu…Elle fait preuve d’une mauvaise foi évidente et affirme qu’il n’y a pas de raison de baliser davantage !!!!!!!
Je tourne donc les sabots et repars . Il est 11h30.

Nous reprenons la marche vers le col d’Uglas. C’est compliqué pour sortir de la ville, comme toujours, bien que Marius s’arrête bien au feu rouge et traverse sur les passages piétons ! Il est génial, je vous dis !
Nous voilà sur le chemin : un chemin encore pavé de plaques de schiste où Marius manque plusieurs fois de glisser…très difficile, plein d’eau, patinoire !! Or ce chemin n’est pas déconseillé aux équidés et il devrait l’être ! Je sens que je vais encore m’énerver contre les signalisations !!!! Car là, j’ai très peur pour mon âne, cette fois!
A hauteur d’Audibert, je décide de prendre la route jusqu’au col car je n’ai pas envie de faire prendre de risques à Marius.

Et finalement, c’était une bonne idée car je rencontre, juste avant d’arriver au col, deux cyclistes fort sympathiques Julie et David, qui font des centaines de kilomètres pour Courir pour le Népal…Vous les verrez sur ce blog, le but de l’association est d’aider à l’éducation, la santé et l’environnement des enfants du Népal ou d’ailleurs. Ils habitent Gap et descendent jusqu’à Bayonne en récoltant des dons ( pari de 1€ par kilomètre parcouru ). Ils me proposent de manger avec eux et nous partageons nos repas…Nous parlons de nos activités, de la liberté, de nos choix de vie… Nous échangeons nos numéros de téléphone…Un beau moment… une très belle rencontre…moi qui pensais que les belles rencontres étaient derrière moi !!!!!!

Au bout d’une heure, nous reprenons nos chemins respectifs et là, dans la descente, on attrape une averse très violente pendant au moins 45minutes !!!!
Marius et moi continuons quand  même la route, trempés, mais on commence à s’y habituer, toujours sur le goudron car le sentier n’est pas praticable. C’est une petite départementale assez peu fréquentée qui rallonge un peu le trajet mais pas de risques pour Marius !
Après l’averse, je vois les nuages se déchirer, le bleu du ciel revenir…et au fur et à mesure que je descends,, les nuages disparaissent et le soleil revient..enfin !!!!!
A 19H j’arrive à Malataverne,  petit hameau à 6 ou 7km d’Alès.Sur la placette, je demande à deux personnes s’ils peuvent m’indiquer un endroit pour dormir. Ils m’indiquent un terrain municipal, mais la grille est fermée et je m’installe sur la pelouse de l’aire de jeux. Le monsieur à qui j’ai demandé le renseignement est très accueillant.Il vient discuter un long moment avec moi et me parle de la situation économique des Cévennes, du secteur minier qui a disparu et de l’effondrement de l’économie à la fermeture des mines.

Je plante ma tente et repose mes pieds qui sont toujours douloureux….

Un commentaire

  1. Bonjour,
    Nous sommes hébergeur aux Aigladines, sur les GR70 « Stevenson » et GR67  » tour des Cévennes ».
    D’abord un grand bravo pour la qualité du récit.
    Je voudrais juste préciser, pour celles et ceux qui vous liront et qui pourraient se poser des questions où qui seraient à la recherche d’infos, qu’il ne faut pas hésiter à ce rapprocher de l’association Stevenson (www.chemin-stevenson.org) pour les questions de balisage et se servir de leur guide (choisir la dernière édition, la plus à jour).

    En ce qui concerne la dernière étape vers Alès, celle qui nous concerne puisque passant par Les Aigladines, il est vrai que le chemin n’est pas évident avec un âne, surtout par temps pluvieux.

    Encore un bravo.

    Bien cordialement,
    Nicolas F

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