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Chemin de Stevenson 2012

Jour 13/ Quelques passages difficiles

Quand je pars ce matin vers 10h, toutes mes affaires sont encore mouillées. Seuls quelques vêtements ont pu sécher dans la gîte, un peu chauffé.
A St Etienne – Vallée – Française ( il semble que l’origine de ce nom vienne du VI ème siècle, car  le village et la vallée auraient été dans une enclave  franque entourée de terres wisigothes), je vais acheter un pain et là je rencontre Arnaud qui buvait son café. Nous discutons et nous réalisons que ce sera sans doute la dernière journée que nous pourrons passer ensemble.Car nous avons décidé de la passer ensemble!


Nous sommes à 255m et nous avançons vers le col de St Pierre ( 595m) la première partie du sentier grimpe bien dans la boue. C’est cette partie là dont m’avaient parlé les cavaliers, celle avec des plaques de schistes, un peu dangereuse. Arnaud avance en éclaireur et me décrit le terrain. J’estime qu’il est possible de passer, prudemment. Oui, il y avait bien un ravin mais le chemin est assez large et si c’est vraiment trop dur, il y a un autre chemin à proximité. Je comprends pourquoi les cavaliers trouvent le passage difficile : les chevaux ont les pieds plus serrés et moins d’accroches, pas mon âne !!!. Il est génial, mon Marius ! Il a le pied sur, et il est très calme. Il pose toujours son sabot au bon endroit…



Ensuite, le chemin s’élargit encore, et devient une large piste, avant de rejoindre la départementale, pour arriver au col St Pierre. Je suis surpris de voir un panneau, au bord de la route et sous la pluie qui recommence à tomber: « Route Royale n° 107/Limite du Gard et de la Lozère.


Le sentier qui suit est beaucoup plus difficile, très technique, rude…avec des grosses marches, en descente, des blocs de schiste, des plaques..On se demande comment Stevenson a pu passer par là avec son ânesse et son équipement rudimentaire. Arnaud est toujours devant et m’ouvre la route en m’indiquant comment est le terrain.
Marius tient bon, mais moi, je glisse et je tombe. Pas de bobo, mais encore plus mouillé !!!!!!
Enfin un passage plus tranquille, on se dit que c’est fini…et puis, non, ça recommence un peu plus loin, les mêmes plaques, les mêmes rochers et la même difficulté à avancer entre les blocs.


Nous arrivons enfin  à un petit hameau : le chemin est goudronné jusqu’à la départementale, en direction de St Jean du Gard. 
Et là…tu te demandes si tu préfères pas le chemin compliqué !!!!!!!
Nous mettons 4H à partir du col pour arriver à 1km de St Jean du Gard.
La pluie est glissante. Il faut de la patience, de la concentration, il faut surveiller Marius car j’ai toujours peur qu’il glisse, je suis tendu et fatigué. Pourtant, il a l’air sur de lui, mon compagnon de route..plus que moi !!!
Nous arrivons au gîte vers 17H, et nous avons parcouru seulement 17km dans la journée.
Hier, j’ai décidé que je ne prendrais pas de journée de repos. Je préfère faire des journées plus courtes, moins fatigantes.  Partir un peu plus tard et arriver un peu plus tôt que les jours précédents.


Avant d’arriver au gîte, vient le moment de me séparer d’Arnaud. Non sans beaucoup d’émotion car on se suit depuis le début, il m’a beaucoup aidé dans les moments difficiles, et je retrouve en lui la même démarche que j’ai eu lors de mon premier périple en solitaire. Il cherche une paix intérieure, s’interroge sur la vie, et nous avons eu des discussions très intéressantes et sincères. Au fil des chemins, sur la trame des sentiers, nous avons tissé une amitié, en échangeant sur notre vison de la vie, sur ce qu’est la liberté pour chacun de nous différente, nous avons partagé nos valeurs de respect et de tolérance, le rapport à la nature. Nous avons beaucoup parlé de ce qui nous enrichit dans ces randonnées au long cours …le chemin et surtout les rencontres ! Et avec Arnaud, je peux dire que c’est une vraie et belle rencontre.

Chiche !!!

Ce gîte, juste avant St Jean du Gard, s’appelle Le pré de Modestine. Il est très agréable et ses propriétaires aussi. D’ailleurs, il y a là une jeune ânesse de un an qui s’appelle…Modestine et qui ressemble à Marius!
 Le patron, Michel Verdier, est photographe. Il est aussi protestant et très intéressé par l’Histoire. Il m’explique qu’il y a assez peu d’écossais installés au pays Camisard. On y trouve davantage de Suisses Allemands et de Hollandais. Il parle de l’Histoire avec beaucoup d’émotion; on sent que c’est un sujet sensible chez lui, c’est son histoire ! Je lui demande si cette culture est encore bien  présente, mais il m’explique que la tradition orale se perd, se transmet de moins en moins…Lui a réalisé des livres de photos magnifiques sur les Cévennes. Il me les montre et me décrit les lieux et leur histoire. Au gîte, je retrouve aussi  les 4 randonneurs bourguignons et la soirée devient comme une veillée-souvenir,  à nous raconter nos « chemin de Stevenson »…
Je m’apprête à passer une bonne nuit, confortable et rassurante.

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