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Comme on l’avait décidé, nous nous levons à 5h15..Arnaud a mal dormi dans sa tente : il a eu trop chaud ( il est plus équipé que moi !!!) et il a entendu le tonnerre, la pluie qui frappe la toile de tente…
Lorsqu’on se lève, le ciel est encore très bas et l’orage gronde au loin. Vite,on se dépêche de ranger les tentes et le matériel et protéger le mieux possible nos affaires de la pluie.
6H30 : Nous avançons sur un sentier imbibé d’eau, glissant, boueux, pas trop dangereux, mais avec quelques passages un peu « techniques », pendant une heure environ. Marius rechigne à avancer : il n’aime pas la pluie !
Nous arrivons au village du Pont de Montvert. L’orage tourne toujours.

Le Pont de Montvert est un magnifique village, symbole de l’ Histoire du pays, car c’est ici qu’a commencé la lutte des Camisards.
« Une date à retenir, chère aux yeux de tous les gens cévenols : le 24 juillet 1702. Cette date, c’est celle qui marque le début de la Révolte des Camisards. L’abbé du Chayla (résidant au Pont de Montvert) était chargé par l’évêque de Mende de faire respecter la pratique de la religion catholique en Cévennes, et de convertir les protestants cévenols, grâce à l’aide des fameux dragons, véritables assassins sur chevaux.Un groupe de protestants s’est formé et a tout simplement pris la décision de mettre fin à l’horreur, en assassinant l’abbé et en libérant ses prisonniers. Ce soir de juillet, quelques protestants « révoltés » se sont réunis dans le bois d’Altefage, et sont descendus vers le Pont. Après avoir mis feu à la maison de l’abbé, ils l’ont assassiné de 54 coups de poignard (autant que le nombre de ses victimes). C’est le début d’une longue guerre qui fera bien des victimes en Cévennes. »

Le Pont du Montvert est un village aux trois ponts puisque trois rivières dont le Tarn, traversent le village.
Revenons à Stevenson qui cite Napoléon Peyrat, auteur de son livre de chevet : « Les pasteurs du désert ».
Il raconte  » la foi enthousiaste des protestants, ces prophètes… et l’héroïsme des chefs huguenots et  de tous les rebelles de la foi face aux persécutions.. »

Au café, nous retrouvons notre ami  Méry, qui lui dort en gîte. Il nous raconte en souriant qu’hier au gîte, deux françaises, sachant qu’il était écossais, lui ont demandé s’il était de la famille de Stevenson ! Méry a du leur répondre qu’il n’y avait pas qu’une famille en Ecosse !!!

Après le café, nous reprenons la route en surplombant le village : Marius marche devant moi, aux côtés d’ Arnaud, mais surtout à côté de Méry, qui a ouvert son parapluie…so british !!!! Marius tente d’en profiter et l’image est assez surréaliste ! On se serait cru en Ecosse !
Plus nous montons, plus nous sommes cernés de nappes de brouillard. Nous avançons vers le dernier grand col à 1421m. Enfin, nous atteignons d’abord 1114m, puis redescendons à 991m, puis …rapidement, j’ai perdu Méry de vue : ils marchent plus vite que nous, lui et son parapluie ! Ensuite c’est Arnaud qui a filé…parce qu’avec Marius, ça ralentit le pas, évidemment !
Je m’arrête un petit moment pour discuter avec un homme et sa fille..Moi, il ne faut pas que j’oublie que nous marchons pour « Elisa » et que je dois en parler et distribuer mes cartes.
Puis nous repartons…On continue à grimper..le chemin est facile et nous arrivons à 1292m, au col de la Planète. Là je dois prendre un chemin mais mon guide en conseille un autre en cas de mauvais temps… je me demande ce qu’ils entendent par « mauvais temps » : Pluie ? Brouillard ? Neige ? Je vois passer à proximité des cavaliers et je les interpelle…Ils me disent que le chemin de la ligne de crête n’est pas dangereux, mais s’il y a du brouillard, la visibilité est très réduite et qu’il faut faire attention. On y va !

Etrange, ce brouillard en effet, dans la forêt surtout : les arbres qui craquent avec le vent, les nappes de brouillard qui provoquent des sortes de mirages : un arbre devient une silhouette humaine, on entend des voix étouffées…ce sont celles de randonneurs au loin, mais il semble que ce sont les buissons qui parlent…puis d’un coup : le grand silence…plus un chant d’oiseau, plus un bruit…l’impression de marcher sur des nuages…

Nous voilà au col de Bougès et nous recommençons à descendre doucement…

A environ 2km avant le col de Sapet, une étrange cabane, construite grossièrement avec les matériaux du bord…Un refuge solidaire où les randonneurs laissent quelque chose pour celui qui passera après : de la nourriture, des allumettes…il y a un poêle à bois..et même un arc et des flèches, sans doute pour les cas de grande famine !!!!
Je pense au film « Into the wild » ..ceux qui l’ont vu comprendront..

Et là ..je retrouve Arnaud qui est resté se reposer une heure et qui repart. Nous échangeons nos numéros de téléphone car nous ne sommes pas surs de nous revoir après, vu que je prévois une journée de repos en fin de semaine. Je mange un peu et je repars aussi.
Dans le brouillard, j’ai aussi rencontré une partie du groupe de lyonnais rencontré la veille, puis 10 minutes après, l’autre partie du groupe…Je ne suis pas trop isolé…!!!
Sur le chemin je rencontre cinq marcheurs, dont une personne de Taulignan ! Une dame dont je connais la fille. On discute un peu et elle me fait un don de 10€. Quand ils repartent, je les suis dans la foulée.
Le chemin est très joli, une rivière d’herbe verte tapissée de feuilles mortes…

Au col du Sapet, je retrouve les quatre lyonnais en train de déjeuner.
Je les salue et rebâte Marius qui a encore débâté.
Le temps commence à s’éclaircir, le soleil perce et le vent chasse la brume.
Il nous reste 17km de descente abrupte sur la piste : c’est long et pas très excitant, mais..on les fait  !

Et voilà Florac, capitale du pays camisard avec Alès, un très beau village où Stevenson a fait une halte.
Je dépasse Florac et rejoint un camping à 1km et demi de là pour passer la nuit.
Demain, vu que la météo annonce de fortes précipitations pour dimanche dans les Cévennes, je ne m’arrête pas. Je prendrais mon jour de repos dimanche.
Le cap le plus dur du chemin de Stevenson est passé. Mes pieds, mes chevilles et mes rotules ont bien souffert…c’est aussi une des étapes les plus longues avec 29km et peut-être plus!

3 commentaires

  1. Bonjour,
    Le groupe de 5 marcheurs, c’était nous. C’est tres émouvant de nous retrouver dans votre histoire.
    Ce matin je suis a à nouveau assis au bureau,ces 4 jours ont passé trop vite comme d’habitude. j’ai l’imression d’avoir fait un rêve.
    Bon chemin.
    Merci.
    Olivier et Nathalie, Rose et Laurent… et mamie !

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