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Bonne nuit dans un lit ! Au bout de 3 semaines, on a beau être “nature”, ça fait du bien de dormir sur un matelas moelleux, dans une chambre proprette et agréable. Petit confort qui compense la journée de repos que nous ne ferons plus.
Faisons le point : sur l’itinéraire de départ, nous avions 4 jours de retard.
Mais, comme nous rentrons dimanche au lieu de samedi, on récupère un jour. De plus, comme nous ne prenons pas de repos hebdomadaire on gagne encore un jour. Et comme on a coupé le trajet initial et fait des journées plus longues, on a rattrapé encore une journée. Reste encore un jour à récupérer : nous allons allonger les journées en kilomètres et couper encore un peu.

Ce matin, bien reposés, nous prenons un copieux petit déj’ avec nos voisins de chambrée. Un couple d’âge mur, qui voyage à travers la France. Lui est commerçant : peaux, fourrures, en région parisienne.
Elle est secrétaire de direction dans un groupe de presse. Ils sont bien sympathiques, simples et nous racontent des anecdotes sur une croisière avec l’équipe de “Age tendre et tête de bois”…pas toujours très correcte !
On  quitte ce gite -auberge très accueillant vers 10h45. Destination Pont de Royans…

Malleval est dans une cuvette, un écrin de verdure entre les montagnes (voir photo de la journée d’hier) et descendons au Sud Ouest, vers Le Faz. Mais, comme on est entouré de relief, pour descendre, il faut commencer par monter ! Petit dénivelé de 300m dès le départ . Nous arrivons à 1082m. Goudron d’abord, puis piste de terre, puis prairie. Vue splendide sur Royans, dans la vallée coupée par l’Isère. De notre promontoire, nous pouvons voir  toutes les petites communes de la vallée. La lumière est bleutée sous le ciel nuageux.
Pas facile à photographier, mais c’est magnifique pour le regard.

Arrivés à Le Faz. Nous nous arrêtons rapidement pour pique niquer, après le village, sur le chemin de randonné des Coulmes, car il commence à pleuvoir.
Quelques gouttes seulement et ça se calme. En passant près du hameau de Morel, des chiens aboient. Ils intimident les ânes. Un monsieur nous aperçoit et vient vers nous en courant :
“Vous venez d’Avignon ?..C’est vous qui marchez pour une association ?” Il a vu un article dans le journal. Ce monsieur a une fille de 19 ans qui est handicapée moteur, suite à un accident dans sa petite enfance. Un traumatisme crânien au départ, puis une intervention chirurgicale qui s’est mal passée…Elle est sur un fauteuil,  là , avec lui. Ils sont vauclusiens, de Sarrians, en visite chez son frère qui est berger. Avec eux, il y a aussi un jeune couple qui  reprend le troupeau et l’exploitation du frère berger. Longuement, avec le papa, nous parlons des associations. Il est assez méfiant vis à vis des grandes associations qui gèrent le handicap et pas très “pour ” les petites associations familiales non plus.
Il déplore les problèmes administratifs trop lourds pour les familles qui cherchent des établissements spécialisés, de l’ Education Nationale… Il dit avoir appris “par hasard” et tardivement les possibilités d’aide  à la scolarisation pour sa fille, et reconnaît que, face  à cet isolement, on n’a pas d’autres choix que de créer des associations !

Puis on discute avec  le couple de jeunes bergers et on  apprend beaucoup de choses sur le loup…
Notre regard de citadin est bien différent de celui du berger. Le jeune homme est déjà très expérimenté. Il pense que les autorités vont réagir lorsque le loup arrivera en Bourgogne et qu’il s’en prendra aux bovins, faisant plus de dégâts qu’ici, dans les gros élevages…Il faut qu’il arrive des drames pour que les autorités réagissent. Faudra-t-il attendre qu’un enfant se fasse croquer pour prendre des mesures ? Pour lui,  le loup n’est pas aussi inoffensif  qu’on le laisse croire. Il s’attaque déjà aux mouflons, aux chèvres, aux étalons, aux bovins… Il ne croit pas non plus au fait qu’il n’attaque pas l’Homme.


Il nous raconte l’histoire (très ancienne) d’un curé de Presles qui a fait appel aux autorités parce qu’il en avait assez d’enterrer des enfants agressés par les loups. Il dit aussi qu’en Alaska, une institutrice a été tuée et dévorée récemment par un loup. En Italie, d’où sont arrivés les loups du Vercors, les bergers sont armés de fusils pour  défendre leurs troupeaux…Son discours a un peu modifié notre regard sur ce problème. On parle aussi des patous, en faisant  avec eux un bout de chemin. Ils vont dans la même direction que nous, chercher leur troupeau d’une cinquantaine de chèvres.

Nous nous séparons à regret et après le Faz, nous faisons le Tour des Coulmes, par un sentier qui sillonne vers Presles, où nous n’irons pas, car nous montons à nouveau, vers Serre Cocu, cette fois… On aimerait souvent connaître l’origine des noms !

Là , vue magnifique sur la  vallée de Pont en Royans…la lumière n’est pas très belle, mais elle donne un aspect étrange au paysage. Des paysages qui changent de plus en plus au fur et à mesure qu’on avance. On voit encore, en altitude, au lointain, le Veymont , les hauts plateaux…Un peu comme un dernier clin d’ oeil à notre périple. Quand on regarde, d’aussi loin, le chemin parcouru, on a du mal à croire qu’on a enfilé tous ces kilomètres…Lorsqu’on se retourne et qu’on se dit : “il y a une semaine, on était là bas… tout au bout de l’horizon…ça semble si loin !!! Que de chemin parcouru ! On se demande si l’on n’a pas rêvé.

Puis on redescend (il faut bien!!) …Encore une bonne descente rocailleuse, un peu difficile, mais le genou de Joëlle, même s’il est parfois douloureux, tient bon !
Nous passons à côté de St André en Royans direction Pont en Royans…qu’on imaginait plus loin et voilà qu’on est déjà arrivé !

 C’est un peu compliqué pour trouver un lieu où se poser…On croise des personnes qui nous félicitent pour la beauté et le soin de nos ânes et nous font un don de 10€. Ils ont entendu parler de nous à la radio!
Enfin, nous trouvons un terrain herbeux, mais un peu pentu. Les ânes sont attachés à un arbre. Ils ne mangent pas beaucoup ce soir. Ils ont crevés, eux aussi ! Heureusement,  les charges s’allègent chaque jour un peu plus. Nous avons découvert en effet que les souris de la cabane ont fait plus d’intrusions dans nos provisions que ce qu’on imaginait.  Les paquets de pâtes, de céréales, le saucisson…on donne les céréales aux ânes et on va être obligés de donner aux  fourmis ce qui a été souillé.

Le paysage, là est plus doux, moins rocheux. La végétation change : beaucoup de noyers par ici.
On parcourt davantage de plaines. Environ 25km aujourd’hui. C’est pourquoi demain, on va tacher de gagner encore un peu de temps sur des chemins plus faciles… Et petit à petit, rattraper notre journée de retard. On espère juste éviter les orages annoncés par la météo..qui n’est pas fiable, vous savez, et là, ça me ferait  bien plaisir qu’elle se trompe !!!

Pont en Royans 

Le PONT: au départ c’est un passage étroit jeté entre deux rochers qui permet (point d’entrée) l’accès aux plateaux du massif du Vercors, et de traverser le torrent de la Bourne dont les gorges sont abruptes et très étroites.  le village et ses maisons suspendues, accrochées au rocher, attirent toujours les touristes en été sur les bords de la rivière, la Bourne.
u 19e siècle, ce Bourg fut sous Napoléon III plus connu que la ville de Valence, pourtant proche. Sa notoriété dépassa largement les frontières de France, grâce aux routes creusées dans la roche karstique du Vercors (Un exploit pour l’époque qui contribua largement à la renommée du savoir-faire du génie Français, lors des toutes premières expositions Universelles à Paris). Pont en Royans fut aussi l’une des trois Premières villes (pour le nombre d’habitants) électrifiées de France. La conduite d’eau forcée passe encore sous la ville (Un musée de l’eau permet de la découvrir)

Tags : Le FazMallevalPont en RoyansPreslesSaint André en RoyansTour des Coulmes

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