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Traversée du Vercors 2009

Trop heureux pour en partir !

Ce matin, impossible de quitter ce lieu merveilleux. On reprend les cartes, on fait des calculs et on décide à l’unanimité de passer la journée ici.
Ce sera notre deuxième jour de repos, prévu à Die.
Les propriétaires sont tellement charmants et l’endroit magnifique !
Annette, l’hôtesse, discute beaucoup avec Joëlle. Elles s’entendent bien. Moi, je profite d’un ordinateur pour envoyer des photos.
A midi, nos hôtes nous invitent à manger avec eux. C’est une belle famille avec quatre enfants. Ils ont beaucoup voyagé, pour faire connaître à leurs enfants d’autres modes de vie…Ils ont participé, en association, à des actions humanitaires. Ce sont des personnes simples, riches et généreuses, très généreuses. Vivant en harmonie avec les nature et les hommes.
On se sent tellement bien ici ! L’ accueil est si chaleureux! Et la cuisine est délicieuse.

C’est émouvant d’habiter un tipi. On ne peut s’empêcher de penser à toutes ces familles qui , durant des centaines d’années, ont partagé ce même espace où nous sommes, en prise directe avec les éléments et les animaux. L’ ouverture au sommet du tipi, encadrée par de grandes “oreilles”d’aération, canalise la fumée vers l’extérieur. Les oreilles s’orientent en fonction du vent. Elles s’adaptent à la pluie et au soleil … Les indiens, nomades, souvent poursachés, devaient pouvoir très rapidement démonter leurs maisons…Ces tipis aussi ont une histoire.

Depuis notre départ, nous rencontrons de plus en plus de personnes qui nous ressemblent, avec qui nous avons beaucoup d’ affinités et on apprend beaucoup…
Là encore, on ne se lasse pas de discuter avec eux. Ils ont des récits passionnants à raconter.
L’hiver, ils laissent les perches des tipis et enlèvent les toiles. Ils ferment et partent découvrir le monde.
Les rencontres semblent toujours plus riches, sans doute parce que, intuitivement, nous sommes attirés par des liens invisibles.

Généreux,nos hôtes le sont à tous les niveaux. On aura du mal à se séparer. Ils nous ont fait payer 26€ le séjour au lieu de 86, la différence sera pour l’association Gabriel.

Nous remarquons, à ce sujet, que nombre de personnes que nous rencontrons, nous félicitent pour notre démarche, mais si, à chaque encouragement, on pouvait recevoir ne serait-ce qu’un euro pour l’association, nous rentrerions avec un grand sac de dons. Or, la plupart des gens, même s’ils sont sensibles à la cause, “oublient” de donner un peu…C’est contrariant, car nous n’avons pas besoin de compliments et Gabriel n’a que faire des belles paroles…Ce n’est pas avec des mots que l’association pourra lui acheter le matériel nécessaire à sa rééducation.
Gabriel ne grandira pas avec des petites phrases, fussent-elles gentilles, a-ton envie de dire à certains.

Le temps de la marche nous laisse le temps de la réflexion.
La marche , c’est à l’image de la vie : parfois facile, parfois très dure. On va de surprises en déceptions, mais on apprend à chaque rencontre. On s’émerveille en découvrant une rivière, un papillon, un cri … on se décourage, on avance quand même…on souffre et la douleur se calme, ou on l’oublie pour ne garder que le plaisir des belles choses.
En avançant à son rythme, au pas de l’homme et de l’animal, on se retrouve, on reprend confiance en soi, on se sent en phase avec la nature.
Le moment du retour approche et nous sommes partagés entre la joie de revoir nos enfants et l’appréhension d’être à nouveau embarqués dans un quotidien au rythme infernal, très loin de que l’on vit en ce moment. Mais on est surs qu’il restera de profondes empreintes dans nos coeurs et nous en serons chargés, quoi qu’il arrive.
Quand on rencontrera des difficultés, on saura que même si le chemin n’en finit pas de monter, au bout, il y a toujours un coucher de soleil ou une plaine immense et généreuse.

Joëlle pense que, ce qu’on fait, chacun est capable de le faire. Quand on voit les montagnes en face et qu’on se dit : “On vient de là bas…on l’a fait!”, on se rend compte du chemin parcouru et finalement, il suffit d’avoir la volonté, de se dire : “je suis capable”… la force de l’esprit est immense. Elle dit aussi qu’on prend vraiment conscience du confort dans lequel on vit habituellement. Monter sa tente tous les soirs, installer le campement, c’ est retrouver les gestes ancestraux, loin de la facilité d’ouvrir un robinet, d’ actionner un interrupteur …
On retrouve le sens des gestes quotidiens. Mais c’est à la portée de tous : il suffit de le vouloir et ne pas lâcher dans les moments de doutes.

Souvent, nous pensons à Gabriel et à la volonté qui’l faut à ce petit bonhomme pour dépasser toutes ses difficultés. Et ça relativise les nôtres.

Le chemin, on le fait aussi à l’intérieur de nous : c’est pour trouver une certaine force de vie, un équilibre …c’est pour ça aussi que nous marchons.
Ne pas le perdre de vue.

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