close
Traversée du Vercors 2009

Soleil couchant sur les plateaux

Nuit agitée dans le refuge. Marius, inquiet, râle un peu. Il voudrait passer la nuit à l’intérieur. Bandit a toujours sa plaie titillée par les mouches dans la journée: Joëlle, pourtant, le bichonne, le désinfecte…Il fait frais : nous dormons avec les polaires. Et puis, le loir a dansé toute la nuit et le chevreuil a encore aboyé…Donc, ce matin, ce n’est pas la forme olympique ! Joëlle est un peu enrhûmée …alors, on déjeune et … on se recouche et on dort un moment : “la sieste du matin”, dit Joëlle. Au moment où l’on part, vers midi, arrive une famille qui vient occuper le gite et y passer la nuit. On discute et on leur passe symboliquement “les clés”.

Petit chemin pour rejoindre le sentier, qui est , en fait, une piste goudronnée, qui traverse les Hauts Plateaux.


Nous découvrons des lapiazs : ” ce sont des ciselures, des trous, superficiels creusés par les eaux en terrain calcaire .


Le terme « lapiaz » est d’origine jurassienne issu éthymologiquement du latin : lapis, lapidis ( la pierre).

Prudence, car il ne faut pas que les ânes se blessent les chevilles ( et nous non plus !)
On n’a donc pas pris le risque de s’enfoncer dans les Hauts Plateaux.

Les Hauts-Plateaux du Vercors dominent l’ensemble du massif du Vercors et s’étendent sur près de 17 000 ha comprenant des forêts, des pelouses d’altitude, des dalles de calcaires et des falaises. Ils ont été classés en réserve naturelle en 1985, l’Etat en a confié la gestion au Parc Naturel Régional du Vercors.
Le Conseil Général de l’Isère est propriétaire de 4000 h (terrains acquis au titre des espaces naturels sensibles) sur les domaines de La Grande Cabane et de Jas Neuf. 

Le Conseil Général de la Drôme est propriétaire du domaine du jardin du Roy (1000 ha).
Le Ministère de l’Environnement possède 600 ha sur le secteur de Tiolache et l’Etat (ONF) possède 400ha.
Le reste du territoire de la réserve est constitué de propriétés communales ou privées.

Nous avons suivi la piste goudronnée sur les 3/4 du parcours, sauf à certains passages où la nature a repris possession des chemins et réapparait entre deux tronçons de goudron.
Un peu déçus car nous ne voyons pas grand chose des hauts sommets du Vercors, depuis cette piste.

La forêt forme un rideau épais qui laisse entrevoir de temps en temps un sommet, puis referme le rideau. Ces forêts de sapins s’étendent à perte de vue : c’est impressionnant ! Là encore, les sapins sont malades : ils semblent asphyxiés par des lichens, à moins qu’ils ne soient d’abord malades et ensuite envahis par des parasites ? Joëlle les appelle “les spectres” …

Au Pré du Grand Valet, nous sommes à 1300m, nous montons encore jusqu’à 1355m, puis descente à 1300 au col de la Perche.
Cette route forestière manque cruellement de charme. Elle a été construite pour faciliter le transport des forestiers qui travaillaient sur place et pour acheminer le bois.

Nous continuons toujours par la route forestière, celle des Bas Chassons, à 1300m.
On grimpe à la baraque forestière de Pré Rateau (1450m) puis jusqu’à 1520m, question de finir la journée en beauté.

Nous trouvons une cabane dont les portes et les fenêtres sont barricadées…
Cet endroit ne nous plait pas trop…nous avançons encore.
La forêt s’étend à perte de vue et forme toujours un rideau qui occulte le paysage…
Nous redescendons et à 3 ou 4 km de là, en montant encore un peu : merveille ! On a commencé à voir les plateaux : Roche Rousse, le rocher du Séguret, le Grand Veymont (2341m), le sommet de la Pierre Blanche et celui de Malaval…là on l’on trouve les marmottes et les moufflons, nous dit le Routard…

Nous posons bagages entre une maison forestière et un parking occupé par des voitures et des camping – cars de randonneurs.

Nous arrivons pour voir se coucher le soleil sur ces monts : c’est féérique !
Nous ne regrettons pas les 4 km de plus et surtout d’avoir été là à cet instant privilégié!
On a envie de faire des centaines de photos, tant la lumière est belle.
L’endroit est bien vert et c’est là que nous montons la tente, face à ces montagnes.
La beauté du lieu nous fait oublier la monotonie du chemin d’aujourd’hui et la fatigue de la journée. C’est la plus belle des récompenses !!!!

2 commentaires

  1. Suite à un mail aussi interrogatif qu’anxieux de la part de Marius et Bandit, j’ai été mandaté pour fournir une petite explication forestière.
    Enfin, c’est surtout Bandit qui s’inquiète… Vous le connaissez ! Toujours à se faire de la bile !
    La question était de savoir ce que faisait ces fichus lichens à coloniser tous ces sapins, et s’ils avaient un rapport avec l’air plutôt malheureux de ceux-ci affichaient.
    Et bien non Bandit, je te rassure. Le lichen, quel qu’il soit, « n’étouffe » pas son support, même s’il peut en donner l’impression.
    Le lichen est une merveilleuse symbiose entre un champignon et…. Une algue ! (oui, même dans Vercors !). Chacun des deux partenaires de cette symbiose fournissant à l’autre les éléments qui lui manquent… En l’occurrence le champignon fournit le support, l’humidité et les sels minéraux. Alors que l’algue, avec sa fonction chlorophyllienne apporte un nutriment indispensable au champignon : L’Azote.
    C’est pourquoi le lichen n’est pas à considérer comme un parasite. Puisque l’algue et le champignon s’offrent généreusement tout ce qui est nécessaire pour vivre, ils n’ont pas besoin d’aller chercher ailleurs se dont ils ont besoin. L’arbre leur sert de support de vie, et c’est tout.

    La présence de lichen sur un arbre, contrairement à ce que l’effet visuel donne à penser, est plutôt un indicateur de bonne santé. En tous cas de bonne santé de l’air ambiant. S’il y a des lichens, c’est que l’air n’est pas pollué. Inversement, dans une atmosphère saturée en dioxyde de souffre (ce qui fait les pluies acides), le lichen ne pourra s’épanouir !

    Donc, si les sapins font triste mine, c’est ailleurs qu’il faut en chercher la cause. Et notamment auprès des scolytes, ces satanés insectes bouffeurs de sapin !
    La France, et plus particulièrement dans les sapinières de semi-altitude, ces petites bêtes foisonnent et infestent nos forêts. Elles s’insinuent sous l’écorce et pompent littéralement la sève des arbres. De plus, les galeries qu’ils creusent servent de point d’entrée à pas mal d’autres funestes hôtes… Notamment des champignons qui s’installent là ils ne devraient pas et font pourrir l’arbre de l’intérieur. Rajouter une petite sécheresse par-dessus tout ça, et vous êtes bons pour voir dépérir vos sapins par bouquets entiers !

    Donc Marius, et toi Bandit, rassurez-vous, les lichens n’y sont pour rien. Ce n’est pas parce que vous ne pouvez pas les boulotter qu’il faut les accuser de tout les maux ! Au contraire, comme moi vous devriez les trouver beaux… A l’occasion, demandez à Joëlle ou à Stéphane de vous prêter une loupe pour les regarder de plus près… Vous verrez, ils sont magnifiques !

Laisser un commentaire

Simple Share Buttons