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Traversée du Vercors 2009

Au loin, dans la plaine, des tipis!

Il fait plutôt froid ce matin. Nous avons bien dormi. Mais c’est toujours le matin que se réveillent les petites douleurs : j’ai les pieds écorchés, la douleur à la cheville qui se réveille, Joëlle aussi a des courbatures et nous passons tantôt par de fortes chaleurs ( lorsqu’on est dans les plaines) à de la fraîcheur ( dans les forêts) et parfois dans le froid en altitude, quand le soleil est couché.

Mais dès que nous repartons, on ne sent plus rien après quelques kilomètres : c’ est la thérapie du randonneur : marcher, marcher et au bout d’un moment, on rit de tout et on danse sur les
chemins ! L’ effort nous revitalise et on retrouve très vite “la patate” !
Il faut dire que selon les lieux qu’on traverse, on ressent des choses fortes : ce sont des lieux chargés d’énergie et d’émotion. Energie donnée par la beauté de la nature, émotion parce que ces lieux sont empreints d’histoires et d’Histoire.
Le matin, on commence quand même par soigner les petits bobos, les nôtres et ceux de Bandit. Réveillés aujourd’hui à 7h30, par des randonneurs peu délicats qui passent bruyamment devant notre tente, on part à 10h, dès que pointe le soleil car il fait froid.
Nous sommes à 1350m.

A nouveau quelques “montagnes russes” : la route forestière Brutinel nous amène à 1471m, puis on redescend à 1404, on contourne les Rancs de Charles, la montagne qui domine la vallée de Rousset en Vercors.
En chemin, on passe devant un pré immense où broutaient deux poneys. A notre vue, le poney se met à hurler comme un fou hystérique, on doit l’entendre dans toute la vallée !!!

Il court le long de la clôture et effraie Bandit qui se sauve au galop. .. Joëlle finit par le rattraper, mais , il tire d’une telle force que, pour un peu, elle ferait le drapeau !!
Bandit est craintif : son seul repère, c’est Marius : il n’y a que lui qui le rassure.
Mais il sont de plus en plus affectueux, tous les deux. Hier, quand je débâtais Marius, Joëlle était occupée. Bandit est venu se poster devant elle, immobile, semblant lui dire :” Allez, décharge mes sacs..” La complicité s’installe…

Nous passons à proximité du village, des gens sont attablés, sous des parasols…nous pensons que c’est un bar… Non, ce sont des tables privées. Comme on demande s’il y a une épicerie, et qu’il n’y en a pas, un monsieur nous offre un pain…

Arrêt sur la place du village : un coin d’herbe pour nos compagnons, puis on sent arriver un orage…Des gens du coin nous rassure : l’orage ne passera pas par là.
Après le casse croûte, on remplit les gourdes et direction le col du Rousset (1350m) par un très beau sentier où nous trouvons quelques sources.

On a encore droit à 2km de route départementale, très fréquenté par les touristes, alors que le coin n’est pas très joli. Petit arrêt pour reprendre des forces : au menu, glace et coca !

A nouveau, le sentier de la GTV direction le col de St Alexis, on redescend à 1200…et on téléphone à “Base Nature Vercors” qui nous donne le numéro d’un camping.
Allez, on continue à descendre ! Une belle forêt nous ouvre les bras, avec son tapis de feuilles mortes jaunies.

Et voilà qu’on débouche, à la sortie de la forêt, sur une immense plaine avec des terres cultivées, des pâturages à vaches…innattendu, surprenant..mais plus surprenant encore, au loins, on aperçoit des tipis ! C’est un peu surréaliste…mais ce n’est pas un mirage.

La nuit tombait…et l’émotion a failli nous faire tomber avec elle.

Au lieu dit “La grange aux loups”, la Base Nature Vercors nous accueille.

C’est un espace magnifique, où sont plantés les tipis, les mêmes qu’on peut voir dans le film “Danse avec les loups”… ( le loup me poursuit...)
“Le tipi, qui signifie en langue sioux “lieu pour habiter”, est certainement la plus connue de toutes les tentes. Il appartient à la famille des tentes coniques que l’on rencontre chez tous les nomades des régions subarctiques. Cependant les Indiens des plaines, dont c’est la demeure, ont amené le tipi à un degré de raffinement qui en fait la plus ingénieuse et la plus confortable des tentes coniques.Tous ceux qui ont vécu dans un tipi s’accordent pour reconnaître ses qualités : facile à monter, bien ventilé, c’est une demeure fraîche en été, chaude en hiver. L’intérieur baigne dans une douce lumière qui tombe du trou de fumée et que diffusent les parois translucides. il procure l’impression unique d’être à la fois un abri robuste et en contact avec le monde extérieur – le bruit du vent, ou de la pluie, l’éclat du soleil. (…) ”

Les propriétaires, Annette et Bernard, sont très sympathiques et accueillants. Cette nuit, nous dormirons dans un authentique tipi, à l’indienne, seuls dans un tipi de 8 places.
Comme il fait froid, nous allumons le feu au centre. C’est douillet, réconfortant…et beau !
Nous en avons les larmes aux yeux.
Nos amis ont de l’herbe verte à satiété.

Une fois de plus, nous avons bien fait de suivre notre instinct.
Une heureuse rencontre nous attendait là, au bout de la forêt…
Nous sommes gâtés de pouvoir vivre cette expérience d’un habitat améridien en plein Vercors.

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