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Marius Tour 2008 - 2e ascension du Mont Ventoux

J6 : 26 Mai : Repos des pieds, on recharge les batteries du coeur!

La journée d’hier n’a pas été de tout repos pour tout le monde dont c’est souvent le seul jour de congé.
Nous avons touché le Ventoux, certes, mais l’ascension et le retour n’ont pas été évidents, même si nous nous y attendions.
Froid, pluie, vent, fatigue, déception de ne pas avoir pu recevoir Morgane pour laquelle nous nous battons et la délégation des Virades, cette journée de repos était vraiment salvatrice et bienvenue.Surtout pour Marius, qui a bien entendu refusé de dormir dans le cabanon, par peur d’y entrer, et qui a donc passé la nuit dehors, sous la pluie et dans le vent.

Je l’ai trouvé ce matin trempé et grelottant de froid, il n’a pas refusé ma séance de séchage et de câlin, ni les granulés que François avait apportés hier, qui l’ont requinqué.
Et justement, une fois que nous aussi sommes redevenus secs et présentables, il ne nous manquait plus qu’à mettre les doigts de pieds en éventail et attendre que le soleil vienne nous réchauffer…

Notre palace…

En vain. Malgré quelques rayons timides, nous n’avons pas pu nous réchauffer grâce à lui.

Et ça, Joëlle et François l’ont bien senti!

Il sont donc arrivés à point nommés les bras chargés de friandises pour tout le monde et le coeur rempli de joie.

Joëlle a pensé utile en me rapportant une paire de chaussures toute neuves, pour bien finir la randonnée, mais aussi plein d’autres victuailles bien agréables pour nous réconforter après les difficultés de la veille.
François a pensé à Marius, mais aussi à nous.

Le Ventoux, ça se mérite et ça laisse des traces!

Car si le corps est bien entendu marqué par l’aventure que nous vivons, Marius, Baya, Béné et moi, nos coeurs sont empreints de tout ce que la randonnée nous apporte.

Je repense notamment à hier.
Nous avons fait quelques courses arrivés à Bédouin, et acheté une pizza que nous avons décidé de déguster assis simplement sur un bout de trottoir. Non pas que nous n’avions pas envie de nous mélanger au reste du monde, mais tout simplement, sans réfléchir, je pense que nous nous sommes assis là, comme pour ne pas troubler l’ordre établi dans ce lieu que nous ne faisions que traverser.
Puis un gamin s’est approché, a caressé Marius et a entamé naturellement un dialogue, comme seuls les enfants savent le faire lorsqu’ils se savent en confiance.
Est venu le tour d’une mamie, tout aussi agréable et curieuse, qui nous a tenus compagnie.
Et quelques touristes se sont joints au petit groupe, ont pris des photos (l’effet star que je dois à Marius et non pas à mon fameux chapeau…).

En contraste, pendant que Béné, Marius et Baya attendaient dehors, j’étais encore dans la magasin et là, le regard et l’approche n’ont pas été les mêmes. J’ai senti comme une certaine réticence vis à vis de mon apparence qui semblait ne pas être en cohérence avec l’aspect et le contexte de ce petit village charmant, mais au demeurant très bourgeois du Vaucluse.
Ai-je été perçu comme un illuminé? Un marginal ou encore un nomade?
Peut-être, mais toujours est-il que je sais pourquoi et comment j’avance et ces regards ne m’ont pas gêné. Après tout, le cliché des apparences a la vie dure. Je ne cherche pas forcément à être vu ni entendu, je ne fais que passer.

Mais dès lors qu’on dépasse cet aspect, on s’aperçoit que le naturel prend le dessus et que sans rien demander, le partage se fait, le don de soi, de ce que l’on est au delà de ce que l’ont montre.
Le bonheur est là, tout simplement.

Une randonnée, ce n’est pas que des dénivelés, des points sur des cartes et des performances, des victoires de l’homme sur la nature. Marcher, c’est aussi aller au plus profond de soi, ne faire confiance qu’en son instinct enfoui, que le monde d’aujourd’hui parasite et empêche de faire surface quand l’urgence se présente.

Et ça, Marius est là pour permettre d’établir ce pallier entre nous et la nature que nous respectons sous nos foulées.
Marius est un animal, sa seule loi, c’est son instinct. Quand il est fatigué, il n’avance plus, il ne tente pas de lutter. Quand l’un de nous ne va pas fort et que nous tentons d’avancer grâce à notre raison, Marius le sent, son instinct se met en route et il se rapproche de nous pour nous faire comprendre qu’il ne faut pas lutter.

De fait, nous retrouvons peu à peu notre centre, notre foi, et le sentiment que nous sommes bien vivants et capables de lâcher prise et de suivre aussi notre instinct, celui qui tantôt nous pousse à avancer, et tantôt nous indique de nous arrêter.

J’ai compris cela l’an dernier, alors que Brigitte, arrivée en cours de route, m’a servi de guide, non pas sur les sentiers de la Drôme, mais sur celui de ma vie.

Aujourd’hui, et maintenant que je ne fais que conforter ce que j’ai appris et que je sais, c’est à Bénédicte que je tente de montrer ce chemin, son chemin.

Comme quoi, on a beau suivre le même sentier caillouteux ou pentu, on marche pour soi, loin du monde, la nature et l’instinct nous guident vers ce que nous avons tant de mal à trouver aujourd’hui.

Voilà ce que certains hommes appellent courir, grimper, ramer contre les éléments, mais contre eux-mêmes.
Personnellement, je marche cette année pour les Virades, mais également pour suivre le chemin de ma vie, que j’ai emprunté l’an dernier.

Marius, Baya, François, Joëlle et tous ces gens dont le coeur nous a été ouvert à l’occasion de ces brèves rencontres sont là pour me rappeler que les hommes sont encore bons et sont capables de donner sans attendre autre chose que le bonheur de partager.

Demain, nous repartons en direction de Brantes et de Plaisians, soit 23 kms, de la pure descente, la vallée nous rappelle à nouveau!

Bonne nuit!

Tags : ânedromemariusmarius tour 2007randoVentouxvoyage

9 commentaires

  1. Merci pour le récit de ta journée et de cette aventure. J’ai pensé à vous lorsque j’ai vu l’orage et dire que je suis que dans un bureu… vous avez bien du courage.
    J’espère que les rayons du soleil reviendront vite vous réchauffer.
    Bon courage pour la descente… et surtout bonne continuation

  2. ici il a fait une de ces pluies et du vent bbbrrrrr;j’ai pensé à vous tous.
    c’est vraiment génial cette aventure et de pouvoir la suivre un régal.
    j’attends avec impatience la suite.

    mille mercis pour ce partage.

    bon courage et bonnes continuations

  3. Et bien vous n’avez pas de chance !! de la pluie à profusion , ici aussi l’on en a eue , mais on est à sec. Je peux te dire, que tu en as bien du courage Bouille, oui sèche bien Marius pour qu’il n’attrape pas froid et fait de même pour toi, se serait trop triste que tu aie la grippe ! Beaucoup de courage tu as…. tu es vraiment un gars tenace. Bisous et bonne continuation, tu vas y arrivé j’en suis sure.

  4. Le ventoux c’est rude mais avec la pluie de ces derniers jours (sans parler du froid) l’aventure se pimente ^^
    Mais il en faudra plus pour te démotiver 🙂
    Gros bizoux

    Didi

  5. j’ai bien pensé à vous avec cette pluie battante. Allez, courage, la pluie n’est rien à côté des rencontres magnifiques faites au fil de la balade. bises. Muriel

  6. Il est minuit, le tonnerre gronde sur Nyons. Je pense à vous et espère que vous avez trouvé “une clairière pour vous mettre à l’abri”… Je plaisante, n’empêche que j’admire votre ténacité. Bonne route et à bientôt. Nicole.

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